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Mission RHUM-RUM à Madagascar

Written by Geneviève Roult on jeudi, 28 novembre 2013. Posted in Stations sismo

Mission RHUM-RUM à Madagascar, de Tanararive à Fort-Dauphin

Dans le cadre du projet RHUM-RUM, nous avons installé en octobre 2012 et en collaboration avec nos collègues sismologues d'Antananarivo 5 stations large-bande à Madagascar, le long de la côte sud-est, très précisément dans les localités de Manakara, Farafangana, Manambondro, Manantenina et Mahatalaky. Les stations ayant une autonomie de 6 mois, nous devons retourner régulièrement sur place vérifier la bonne marche des stations et copier les données. En ce mois de novembre 2013, tandis que nous voguons sur le Meteor en repêchant les OBS que nous avions déposés il y a un an, deux collègues de La Réunion font la route Tanararive – Fort-Dauphin pour la troisième fois pour aller visiter ces stations. Et quelle route! La saison des pluies a commencé malheureusement tôt cette année et l'état de la route s’est encore dégradé. La voiture est tombée en panne, et nos collègues ont du faire appel à une seconde voiture venue du sud  pour les retrouver à mi-chemin. Les rivières débordent et les passages de bacs (dont beaucoup sont manuels) sont devenus  périlleux. De même, il faut toute l’expérience des chauffeurs malgaches pour passer les nombreux gués. Nos collègues ont failli rester coincés mais  sont finalement arrivés sains et saufs à Fort-Dauphin, exténués mais avec une bonne moissons de données sismologiques. Ces 5 stations malgaches du projet RHUM-RUM vont rester en place jusqu’en mai 2014 au minimum, elles seront ensuite démontées et rapatriées pour d’autres missions sismologiques. Des volontaires pour affronter les pistes malgaches?

Merci à Christophe et Richard pour cette mission remplie avec succès, car ce n’était vraiment pas une mission facile, et bien sûr félicitations aux chauffeurs malgaches. Un grand merci  à Gérard Rambolamanana du IOGA à Antananarivo pour son implication et son soutien dans l'expérience RHUM-RUM. 

Geneviève

 Mada station

Mada guet

Mada barge

 

Récit d'une mission sismologique à Madagascar

Written by Christophe Brunet on lundi, 02 décembre 2013. Posted in Stations sismo

 

Nous sommes partis, Richard et moi, le lundi 18 novembre 2013 de la Réunion pour atterrir à Tananarive, Madagascar, dans l’après-midi. Nous devions initialement quitter Tananarive le lendemain matin mais notre chauffeur, Mam, à besoin d’une journée pour réparer une fuite d’huile. Par précaution nous contactons un second chauffeur de confiance si la voiture n’est pas prête à temps, ce qui finalement ne sera pas nécessaire. Nous profitons de la journée du mardi pour rendre visite à Gerard Rambolamanana, directeur de l’Observatoire de Geophysique, et récupérer des ordres de mission malgaches en cas de contrôles de police. La saison des pluies a déjà commencé et a près d’un mois d’avance.

Départ mercredi 20 novembre, direction le sud avec Mam. Nous passons par Antsirabé et Ambositra et bifurquons ensuite vers l’est juste avant Fianarantsoa pour faire une halte à Ranomafana (10h de route). Le lendemain nous nous arrêtons à Manakara pour relever les données de la première station, hébergée chez les Soeurs de la Charité (4h de route). Une gastro m’a occupé une partie de la nuit et la journée de demain s’annonce difficile.

Vendredi 22 novembre, nous longeons ensuite la côte vers le sud pour rejoindre Farafagana où la seconde station se trouve à environ 20 min de piste chez la personne s’occupant du catéchisme (2h30 de piste). Cette station, comme d’autres, se trouve au pied d’un immense arbre à letchis recouvert de fruit bien mûr en cette saison … Après avoir copié les données nous partons vers le village de Vangaindrano pour y passer la nuit (2h30 de piste). Sans boire ni manger de la journée, mes problèmes gastriques se sont évanouis.

Samedi 23 novembre, nous arrivons à Manambondro pour la troisième station RUM3 qui se trouve dans l’enceinte de la gendarmerie. En fin d’après midi, Mam, qui a passé une partie de la journée à contrôler son moteur, nous annonce que le joint de culasse est en train de lâcher ! Impossible de continuer avec la voiture, la piste devenant de plus en plus accidenté dans le sud. Mam doit rebrousser chemin vers le village précédent en roulant doucement et attendre un mécanicien venu de Tananarive avec un nouveau joint de culasse : nous sommes samedi et au mieux nous pourrions espérer un nouveau départ le mercredi suivant ! Pour corser le tout nous sommes dans une zone qui n’est pas couverte pas le réseau téléphonique… heureusement j’ai un téléphone satellite avec moi. Ainsi j’appelle Aziz, notre contact à Fort Dauphin, qui nous envoie pour le lendemain une seconde voiture. La dite voiture arrivera le dimanche 24 novembre vers 19h (alors qu’on y croyait plus) après 14h de piste dont plusieurs parties sont immergées à cause des pluies soutenues de ces derniers jours.

Nous sommes donc restés à attendre la seconde voiture ce dimanche à Vangaindrano, qui est un village de brousse où il n'y a strictement rien à faire. Les "rues" sont en terre et il pleut ... C'est un village plutôt pauvre, avec de la terre et de la boue, des cases en bois et végétaux, ... et pourtant tout le monde met son plus bel habit pour la messe : les messieurs ont de beaux costumes avec des chaussures cirées, les petits garçons sont habillés de la même façon et les petites filles ont des robes de princesse ou de demoiselle d'honneur. Les dames ont des robes et de beaux chapeaux. Vision presque hallucinante dans ce contexte de brousse … Les gens sont souriants et les plus jeunes comme les plus âgés prennent plaisir à exercer leur français avec nous.

Nous partons finalement le lundi matin de bonne heure pour rejoindre le village de Manantenina après 5h de piste difficile : la piste est inondée. Relevé des données de la station RUM4.

Mardi 26 novembre, nous partons de Manantenina à 04h00. Passages de rivières avec des bacs manuels ou à moteur dont un était bricolé avec deux flotteurs et quelques planches pour faire passer le 4x4 … c’était limite! Il pleut tellement depuis quelques jours que les rivières sont en crues : à l’approche d’un de ces fleuves le passeur nous indique que la traversée est impossible. Il faut attendre environ 3h que le niveau baisse! Mais de toute façon il pleut et je vois mal comment le niveau d'eau peut baisser en 3h : l’eau vient en grande partie des montagnes où il pleut abondamment... à moins d’attendre le mois de mai avec la fin de la saison des pluies! On est en pleine brousse et il faut absolument que l'on soit à la prochaine station avant 12h00. Après 1/4 d'heure, le passeur propose d'envoyer un "plongeur" pour récupérer une corde sous le bac et permettre le passage (le bac fonctionne manuellement, c'est à dire sans moteur, uniquement à la manivelle sur deux cordes) : combien ? quelques dizinae de milliers d’ariary, on a donc pu passer. Nous arrivons en fin de compte vers 11h30 à Mahatalaky pour relever les données de la dernière station RUM5 : le propriétaire du terrain, Belo, est un vieil homme très attachant bien qu'il ne parle pas le français. Il fera une prière pour nous afin que notre vol de retour se passe bien.

Nous partons ensuite vers Fort Dauphin où je dépanne la partie transmission de la station de Geoscope. Nous avons fait environ 11h de piste aujourd'hui avec des passages très difficiles : comme il a beaucoup plu de grandes nappes d'eau se sont formées sur la piste ! L'eau arrivait au 2/3 de la hauteur des portières de la voiture ! La difficulté est alors de ne surtout pas noyer le moteur de la voiture dans l'eau sinon on est bloqué, mais notre chauffeur s'en est bien sorti et on a serré les fesses plus d'une fois : il descendait régulièrement de la voiture pour sonder à pied le niveau de l'eau. D’ici quelques jours la piste sera impraticable...

Le 27 novembre nous rallions Tananarive par avion et le 28 novembre nous décollons vers la Réunion. Départ de l’aéroport de Tanannarive à 13h30 pour une arrivée initialement prévue à 16h05 … En effet à notre arrivée sur la Réunion il y a de fortes pluies sur St Denis. Notre avion, un ATR (avion à hélices), amorce une descente et est obligé de remettre les gaz au dernier moment. Il fera la même manoeuvre une seconde fois. Le commandant nous annonce alors qu’il amorce une troisième tentative : si ça ne passe pas, direction l’aéroport de St Pierre (dans le sud) … mais l’avion a pu se poser, bien qu’en observant le visage de l’hôtesse de l’air, la manoeuvre ne semblait pas gagnée d’avance … De toute façon Belo avait prié pour nous …

Ainsi s’achève cette mission pleine de rebondissements, d’anecdotes et de rencontres. Je retiendrai en particulier une rencontre qui m’a marquée : Belo, le propriétaire qui accueille la station RUM5. En 2012, le maire du village de Mahatalaky nous avait présenté Belo car son terrain correspondait à nos critères d’installation de la dernière station. C’est un homme grand et maigre (70-75 ans ?), respecté et respectable, parlant calmement, considéré comme un sage parmi les villageois et même par notre chauffeur de Tananarive. De condition très modeste il vit avec sa famille, dont un enfant trisomique assez joueur, dans des cases faites de bois et de végétaux dont le confort est loin, très loin des standards européens. Nous sommes alors dans le « petit salon » du maire composé de canapés défoncés. Après les présentations, Belo prend la parole pour une longue prière : celle-ci favorisera le bon déroulement de nos discussions et négociations (loyers).

Pendant l’installation de la station ses fils nous aident à fixer le panneau solaire ou à conditionner la station. Belo donne quelques directives de manière calme et posée aux adolescents qui s’exécutent naturellement. C’est donc le lundi 26 novembre 2013 sous des trombes d’eau que je retrouve Belo. Nous entamons alors le relevé des données de la station et nous nous mettons à l’abri dans la voiture, à 5 min à pied à travers la brousse, pour copier les données. Le fils trisomique de Belo nous observe alors d’un regard perdu. Après quelques temps apparait Belo qui vient le chercher en lui parlant avec des mots à l’intonation apaisante et le ramène vers sa case le bras sur l’épaule. Les données copiées nous repartons vers la station pour finaliser l’installation (remettre les cartes, vérifications, …). Pendant ce temps Belo nous observe, il veut communiquer, nous voulons communiquer également et échanger mais malheureusement je ne parle pas malgache et il ne parle pas français. D’un seul coup il s’éloigne alors rapidement de nous et du coin de l’oeil je le vois prendre un coq : un sacrifice sur la station !? Non, Belo veut me l’offrir en me faisant signe que ce coq va grossir et grossir avant d’être mangé : présent inestimable pour de pauvre gens comme Belo. C’est la mort dans l’âme que je refuse son cadeau en essayant de lui expliquer que je ne peux pas l’emmener avec moi dans l’avion : notre chauffeur fera plus tard la traduction et Belo fera prière pour notre retour en avion. Vient le moment de la transaction (paiement du loyer) qui représente beaucoup d’argent pour les malgaches de la brousse. Mon collègue Richard ramène le matériel à la voiture et m’envoie le chauffeur pour la traduction car je veux absolument éviter tout malentendu. En attendant, Belo me fait signe de le suivre. Nous traversons quelques rizières et nous arrivons devant une mare de forme carré de 5m de côté environ dont l’eau est claire. Je m’approche du bord de la mare et Belo fait le tour en m’indiquant de regarder dans la mare : des crocodiles, de gros poissons, que veut-il me montrer? Et finalement je les aperçois : ce sont de petites carpes ! Je lui fais alors signe qu’il les garde pour les manger? Mais non pas du tout ! Il joint ces deux mains pour former des jumelles et les portent à ses yeux : il veut tout simplement les observer en véritable amateur de carpes ! Surprenant et à la fois rassurant que des gens comme Belo, vivant dans la misère et dans des conditions d’hygiène qui ferait pâlir plus d’une personne, aient des plaisirs simples dans cette brousse parfois peu accueillante, surtout pendant la saison des pluies qui dure 6 mois.

A l’arrivée du chauffeur une conversation peut alors s’amorcer. Avec l’argent que je lui donne pour le loyer Belo a peut-être des projets : améliorer la nourriture quotidienne, refaire sa case, acheter quelques produits … Depuis quelques temps une personne rode autour de sa mare et lui vole ses carpes. Belo est contrarié. Avec l’argent des loyers, Belo ira à Fort Dauphin qui se trouve à 2 heures de piste en 4x4. Au mieux un taxi brousse l’emmènera ou sinon il fera comme à l’accoutumé, il ira à pied comme la plupart des malgaches. Et que fera-t-il à Fort Dauphin? Il achètera de quoi faire une clôture métallique afin de protéger ses carpes de ce voleur… Il est temps pour nous de partir. Nous déposons Belo au centre du village. Là il nous fait signe d’attendre. En cette saison les arbres à letchis sont gavés de fruit plus rouge et plus juteux les un que les autres. Belo a ce genre d’arbre sur sa propriété et dispose donc de tous les letchis qu’il souhaite. Belo sort donc de la voiture et va acheter 3 ballots de letchis pour les offrir à chacun de nous. Belo est un sage, et il me plait de croire que bien d’autres malgaches vivant dans ces brousses loin des sentiers touristiques et des préoccupations des politiques, le sont aussi.

Tout d’abord je remercie Richard de m’avoir accompagné dans ce périple « rustique » et parfois stressant. Sans l’aide précieuse d’Aziz, notre mission aurait été annulée en partie et les deux jours supplémentaires que j’avais prévus « au cas où » n’étaient pas superflus. Merci également à Frédérique notre gestionnaire qui a pu préparer notre mission au dernier moment et aux chauffeurs malgaches pour leur dextérité qui nous a permis d’arriver sain et sauf à bon port. Mam a joué de malchance avec sa voiture mais se sont des choses qui arrivent. De toute façon une mission qui se déroule comme prévu, je ne connais pas !

Christophe Brunet

Mada sismo 1

 Mada sismo 2

Mada sismo 5

Mada sismo 4

Mission RHUM-RUM Madagascar 2014

Written by Guilhem Barruol on vendredi, 05 septembre 2014. Posted in Stations sismo, La Réunion

Démontage des 5 stations sismologiques terrestres large bande SISMOB

 Pour cette mission de démontage des 5 stations sismologiques déployées en 2012 dans le cadre du projet RHUM-RUM, l'équipe est composée de Géneviève Roult (IPGP), Christophe Brunet (OVPF) et Guilhem Barruol (IPGP/Univ Réunion) pour le volet scientifique et de Emmanuel Pons, Serge Montagnan et Thierry Portafaix (Université de la Réunion) pour le tournage vidéo.

 

 

Mardi 26 aout

Départ De la Réunion, air austral, 13h, léger retard, on arrive à Tana sans problème.

Change de 4000€ à l'aéroport pour les frais de terrain (location des 4x4, essence): on se retrouve multimillionnaires, et on repart avec un sacré paquet de billets de 10000 (équivament de 3€…) dans un pays où la misère est largement présente… On est pas très fiers de se promener avec une telle somme d'argent dans l'aéroport. 

Taxi jusqu'au Pousse Pousse du Raphia où nous passerons la nuit. Simple mais correct, et surtout proche de l'aéroport.

Le soir, taxi jusqu'au centre, à travers les faubourgs de Tana, très peuplés et animés. Repas au Saka Manga (chat bleu).

Mercredi 27 aout

Lever 4h pour taxi à 5h et vol à 6h. Du retard au décollage, pas mal le chaos à l'enregistrement mais on part finalement. Survol de Mada, désertique, stop à Tulear et 2ème vol entre Tulear et Fort dauphin. On survole la baie à notre arrivée. On est récupéré à 9h pour les 3 4x4, conduits par Marcellin (beau frère de Mamy, le patron de la boite de location de véhicules), Tantely et Zhu qui vont être nos chauffeurs cette semaine pour remonter vers Tana et récupérer nos 5 stations sismos.

On va loger à la réserve d'Aziz (réserve Nahampuana), déposer nos affaires et on file à 2 voitures à Mahatalak, que l'on rejoint 1h30 plus tard après une piste bien défoncée, mais heureusement sèche.

On retrouve la station RUM5 chez Mr Belo di Menase. Case ultra sommaire, enfants dépenaillés, dont un handicapé. On filme notre arrivée, on intègre notre hôte dans le scénario. Il accepte sans problème et se prend au jeu.

Démontage de la station, avec 2 beaux serpents dans les cailloux autours du sismo, pris à la main par Mr belo, on le laisse faire... Avant de partir, paiement du loyer mensuel correspondant à la garde du site. Marcellin fait la traduction.

On rejoint la réserve Nahampuana à Fort dauphin vers 17h.

Equipe reserve

RUM5 2

Mr Di Belo avec un serpent sorti du sismomètre

Jeudi 28 aout

Lever 6h, dejeuner puis visite du parc de la réserve avec Mr Dauphin. Lémuriens bien sympa et peu craintifs, qui viennent se servir en bananes que nous leur proposons.

Départ à 8h pour Manenteninna.

Piste longue (110 km), avec pas mal de gués et de trous. Passage de 5 bacs dont 4 manuels (poulie et corde actionnée par le pilote…). On case à chaque fois les 3 véhicules sur le bac. Faut bien viser et bien maneuvrer mais ça passe!

Villages traversés très très pauvres. Cases très très modestes. Enfants partout qui s'amusent et nous regardent passer. Paysage très déforestés, avec rizières dans les fonds topo, avec de grosses flaques et des gués à traverser. L'arbre du voyageur est omniprésent dans tous les fonds humides Dans le paysage, traces de brulis, système largement utilisé pour faire pousser une herbe verte mais empêchant toute forêt de se développer.

Arrivée à Manenteninna à 17h, "hôtel" très rustique, avec bungalow basiques sans électricité ni eau courante. Les WC ne sont pas franchement attirants. Le repas est simplex, préparé devant la salle, en extérieur, et on mange à la bougie.

piste1

Bac1

Gue1

Vendredi 29 aout

Lever 6h30, pti dej à l'hôtel, nuit correcte. On règle la nuit (30000 par chambre, cad une dizaine d'euros…) et les repas (riz et 1/2 poisson frit) (46000 Ar pour 6 personnes…).

Visite chez Mr Fabien qui garde la station. On filme l'accueil et les explications dans sa case, il nous explique le vol du panneau solaire le 13 juin. Le voleur a été attrapé car auteur de plusieurs vols et incarcéré à fort dauphin. Paiement du loyer à Mr Fabien.

Démontage de la station en 2 heures. Départ de Manenteninna vers 10h. Longue route vers Manambondro que nous atteignons vers 17h.

4 bacs à traverser ce jour sur une centaine de km, très jolis mais parfois attente du pilote. On klaxonne pour l'appeler et il arrive en pirogue si il est du mauvais côté de la rivière.

Manambondro est un village animé, marché et plein de personnes dans la rue. De la terre, de la poussière et pas mal de saletés partout.

Visite de la gendarmerie où est installée la station RUM3.

On prend nos chambres au Coin des Amis, hôtel très limite mais seul dans le coin.

RUM4 1

RUM4 2

RUM4 3

Equipe manentenina RUM4 

Bac2

Gue2

Manabondro

Samedi 30 aout 2014

Nuit à l'hotel des bons amis à Manambondro pas très folichonne mais pour un prix défiant toute concurrence : 10000 Ar, cad 3€… Chambre assez sordide, sous un toit bien garni de chauves souris. Boules quies pour amortir le bruit des bêtes qui s'activent toute la nuit…. Lever 6h, café puis démontage station à la gendarmerie. On paye le loyer à Mme Benoit, femme du commandant absent ce jour là et on démonte la station. Celle ci a pris un peu l'eau et se retrouve pas mal gadouilleuse. Ménage du matériel en perspective.

On quitte Manambondro sans aucun regret. Piste très mauvaise mais heureusement sèche. Beaucoup de girofliers et de l'odeur de clous de girofles qui va avec, et très beaux paysages. Un bac à passer mais celui-ci est en réparation. Celui de remplacement ne prend qu'une voiture ce qui va prendre plus de temps. On attend donc une bonne heure pour passer les 3 véhicules. Vers 15h, repas à Vaganbondro, au début de la route goudronnée.

Au redémarrage, problème de roulement sur la voiture de Marcellin. Il démonte tout, resserre le roulement puis on repart. Après 3 km, vilaine fumée qui sort de la roue. Le roulement est mort, il faut le changer. Heureusement Marcelin en a un de rechange. Après démontage, il s'avère que ce n'est pas simplement le roulement à bille qu'il faut changer mais les fusées. Pas la pièce. Téléphone iridium, appel Mamy (le patron), pour l'informer de la situation, commander la pièce et la faire livrer lundi ou mardi avant de pouvoir repartir. On fait donc le point, Marcellin reste sur place pour 2 ou 3 jours, nous transférons donc tout notre matériel dans les 2 4x4 en état et nous filons un peu déçus par cette déconvenue vers Farafangana que nous atteignons vers 20h. Hotel Austral, grande classe (toute relative mais après les deux dernières nuits, c'est Byzance) pour 40000 Ar la chambre c'est à dire moins de 15 euros… Une bonne douche est vivement appréciée ainsi qu'un bon repas.

RUM3 1

RUM3 2

 

Equipe manambondro RUM3

Bac3

 

Dimanche 31 aout

Lever 7h, on file vers 8 heures à la station RUM1 localisée à Vohimasy, chez Mr Romuald. La station fonctionne bien malgré que les CF soient pleines. On a de la main d'œuvre dans la famille: neufs enfants et notre arrivée est un événement. Tout le monde est groupé autour de la station et s'affaire. Ambiance festive et très amicale. Les 3 grands garçons nous aident à déterrer le sismo. Avant de quitter le site, on s'acquitte de notre loyer restant et on laisse du petit matériel en tout genre (feutres, cahiers), ainsi que 3 beaux Tee Shirts et un peu d'argent pour les grands qui ont creusé le trou et des petites voitures et des billes amenées par Généviève aux plus jeunes. Séance photo dans la cour et on repart vers Manakara où se trouve la dernière station, RUM2, chez les sœurs de la charité. Nous y arrivons vers 16h, rencontrons sœur Raphaella qui est seule à garder le site en cette période de congés. Elle nous apprend que le panneau a été volé il y a un ou 2 mois… pas très grave mais un peu contrariant; Il va falloir gérer le manque de matériel avec les douanes… Décidément, ces panneaux attirent la convoitise dans ces contrées dénuées d'électricité. Station démontée avant la nuit et nous rejoignons le Sidi Hotel où nous logeons. Ce soir, grand luxe, on aura même de la langouste locale! Parfait pour fêter la retraite de Géneviève qui débute demain lundi!

RUM1 1

RUM1 2

RUM1 3fils

Equipe Vohimahy RUM1 

RUM2 1

RUM2 2

Lundi 1er septembre

De toute évidence, la langouste n'a pas été supportée par tout le monde car plusieurs collègues sont barbouillés et le resteront toute la journée. Petit tour en ville et sur le front de mer avant de partir. Il y a là toutes les reliques de la colonisation, avec de belles demeures le long de la mer, plus ou moins délabrées, qui indiquent que le spot devait être assez prisé durant la colonisation. Très belle plage avec des filaos.

On part vers Tana. Route longue et sinueuse pour grimper sur les hauts plateaux. On passe de la végétation de la plaine, avec les arbres du voyageur qui dominent à une forêt dense sur les contreforts et à une région assez déserte sur le plateau, qui fait penser un peu à l'Aubrac. Sur la route, toujours des choses étonnantes : les gens étalent leur café ou leur riz sur la route pour le séchage devant chez eux et les voitures doivent éviter ces pièges. Beaucoup de gens marchent en bord de route, chargés de bois, de charbon. Il y a les zébus et les gens assis en bord de route. Quelques frayeurs mais en général, les piétons craignent les voitures et se poussent bien au passage des véhicules. Arrivés sur les hauts plateaux, on est à 1500m d'altitude et l'architecture est complètement différente. Maisons en briques, sur 2 niveaux, mais avec une seule petite ouverture. Maisons un peu austères mais il doit faire frais l'hivers en ces contrées. La région est en tout cas fortement habitée et on voit de nombreux petits villages dispersés dans le paysage. Peu de végétation, et rizières omniprésentes. Nombreuses cultures en terrasses assez impressionnantes et très belles dans la lumière de fin d'après midi. On arrive à Ambositra à la nuit tombée et nous logeons à l'hotel Mania, très correct.

Rizieres

Mardi 2 septembre

Timing bien respecté, ce qui n'était pas gagné d'avance au vu des pistes que nous avons utilisé cette semaine. Nous avons rallié Tana cette aprem. Partis de bonne heure (vers 7h) de Ambositra ce matin, on a remonté vers le nord sur les hauts plateaux. Températures fraiches à cause de l'altitude, des cases en terre partout, des rizières toujours aussi nombreuses et aussi de nombreuses petites fabriques de briques dans les champs. Elles sont faites avec la glaise des rizières, séchées au soleil puis assemblées en un four qui les chauffera 3 à 4 jours durant avec de la paille de riz, pour les faire cuire.

Sur la route vers Tana, la circulation est plus dense, beaucoup de taxi brousse hyper archi chargés, on en a même vu un avec des cochons vivants ficelés sur le toit, qui nous ont envoyé des regards implorants lorsque nous les avons doublé… beaucoup de piétons, beaucoup de vélo transportant des masses impressionnantes de charbon de bois vers les villes et les villages car tout se cuit au feu, et bien sur des charrettes tirées par des boeufs qui transitent à environ 2km/h. Tout cela fait que ça zigzague pas mal en voiture, ça klaxonne, ça double dans des endroits improbables mais sans aucune agressivité. Et au final on est arrivés à bon port, ce qui est le plus important. Également, beaucoup de barrages de police, presque tous les 5 km, dont je n'ai pas trop saisi l'utilité.

A Tana, on passe 2 h à l'IOGA qui est l'observatoire de géophysique d'où repartirons nos caisses de matériel. Très bon accueil de la part de Andry et de Mirana qui nous aident à finaliser les préparatifs. On fait quelques mails pour organiser cela et surtout nettoyer les instruments qui étaient bien poussiéreux. On y retournera demain pour finaliser et faire partir le tout avec le transitaire et la manip sera bouclée pour sa partie terrain. Après, nous avons rejoint notre hôtel (le Saka Manga, ie le chat bleu). Bonne douche et un bon repas et tout devrait aller au mieux.

pousse pousse

Tana

Mercredi 3 septembre

Après une très bonne nuit, retour à l'IOGA, on finit de packager et d'étiqueter nos colis qui doivent être embarqués par le transitaire dans l'après midi. Ce sera alors la vraie fin de la manip, en espérant qu'il n'y ait pas d'embrouilles avec les douanes mais à part les 3 panneaux solaires manquants, tout est en ordre.

Au final, le matériel ne partira que Jeudi matin, ce qui est tout à fait dans les temps par rapport aux impératifs douaniers. Un grand merci aux collègues de l'IOGA qui ont facilité les transports de matériel et les prcédures d'importations temporaires. 

Jeudi 4 septembre

On prend le taxi, c'est à dire une 4L antédiluvienne pour l'aéroport et notre vol nous ramène dans l'après midi à la Réunion. Notre matériel est effectivement récupéré par le transporteur et va commencer son périple retour vers Grenoble après deux années passées dans le SE de Madagacascar pour enregistrer la sismicité mondiale.