Les campagnes en mer

Rhum-Rum commence !

Written by Guilhem Barruol, Karin Sigloch on mardi, 04 septembre 2012. Posted in Les campagnes en mer

15 septembre 2012

L'océan Indien vu au départ de Port Réunion.

De Septembre à Novembre 2012, nous allons déployer des instruments pour enregistrer la sismicité locale, régionale et globale: une trentaine de stations terrestres vont être installées à La Réunion, Maurice, Madagascar et les Seychelles et 57 stations de fond de mer vont être déposées sur les fonds marins autour de La Réunion durant une campagne de 5 semaines avec le navire "Marion Dufresne". La campagne aura lieu du 22 septembre au 26 octobre et durant cette campagne, nous allons essayer de poster régulièrement sur ce blog pour vous tenir informés depuis le bateau.

Prêt pour le départ !

Written by Chris Scheingraber, Guilhem Barruol, Maria Tsekhmistrenko on lundi, 24 septembre 2012. Posted in Les campagnes en mer

22 septembre 2012

A la recherche de nos containers.

Durant toute la semaine, les scientifiques allemands et français sont arrivés individuellement ou en petits groupes sur l'île de La Réunion. L'embarquement des scientifiques a débuté vendredi et se terminera ce dimanche 23 septembre après midi pour les scientifiques locaux habitant La Réunion. Nous faisons malheureusement face à un imprévu de taille: Une grève de dockers au Port nous empêche de charger nos 4 conteneurs d'instruments scientifiques (essentiellement les stations sismologiques que nous allons déposer en fond de mer) et donc d'appareiller ce soir comme initialement prévu. Notre départ à court terme n'est donc pas possible et se retrouve reporté sine die. C'est évidemment une mauvaise nouvelle pour le démarrage de cette campagne de RHUM-RUM qui est l'aboutissement de trois années d'efforts, mais nous gardons bien sûr espoir que la situation normale se rétablisse et que nous puissions quitter le port sans trop tarder.
En attendant, chacun investit le navire, vaque à ses occupations, prépare le départ ou profite de la terre ferme pour de petites randonnées dans l'enceinte portuaire ou à la ville du Port.

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30 scientifiques dans une cage dorée

Written by Céline Davy, Heiner Igel on jeudi, 27 septembre 2012. Posted in Les campagnes en mer

22 septembre 2012

Bloguer depuis une cage dorée !

Nous y voilà, fins prêts à braver les océans et à larguer quelques dizaines de sismomètres dans les abysses de l'océan Indien... Quand soudain... Les dockers ont décidés (pour la première fois depuis de nombreuses années) de lancer un mouvement de grève le jour exact où nous devions commencer le chargement du bateau. Et la situation semble au point mort, pas de changement à l'horizon.
Alors oui ! Nous avons finis par débusquer « nos » quatre énormes containers quelque part dans le port, mais malheureusement, malgré l'usage intensif de la salle de gym du bateau (deux vélos, un rameur, une machine pour courir et des altères), nous ne nous sentons toujours pas assez forts pour les transporter, à bout de bras, jusque sur le pont du bateau.
C'est notre quatrième jour à bord du Marion Dufresne resté à quai, sans véritable occupation si ce n'est l'attente. On passe le temps assis sur les deux chaises à l'extérieure de la salle scientifique, à observer les reliefs volcaniques de l'île de La Réunion, et à attendre la prochaine éruption, dont le spectacle pourrait d'ailleurs être suivi sans risques à cette distance.
D'autres font du footing, le long du magnifique sentier littoral, après la sortie de l'immense enceinte portuaire (à 2 km du bateau). Ils reviennent - dont Jean-Paul - pleins d'inspiration pour composer une nouvelle chanson sismique rock ! C'est incroyable de constater l'effet qu'une grande disponibilité, soudaine et imprévue peut avoir sur votre esprit ! Merveilleux ! Inspirant !
Ce qui nous retient, de nous jeter par dessus bord malgré tout, sont les repas. 12h15 et 19h15. Quatre services. Entrée, plat, fromages et dessert. De l'excellente cuisine française (une autre bonne raison pour courir à la salle de gym). Le tout suivi d'un café et de discussions sur la Science, le Monde, notre situation, la région. Quelle opportunité de travailler avec des collègues de La Réunion, de Rodrigues, de Maurice, de Madagascar, et d'en apprendre davantage sur toutes ces lointaines contrées !
La situation est dangereuse ! 30 scientifiques qui disposent de tout leur temps, privés d'accès Internet mais avec une intendance parfaite... Quelques idées explosives pourraient bien germer ici !

Le Volcan

Written by Chris Scheingraber, Céline Davy on vendredi, 28 septembre 2012. Posted in Les campagnes en mer

26 septembre 2012

La route du Volcan

Plusieurs scientifiques en provenance de l'Europe continentale sont arrivés à la Réunion avec quelques jours d'avance et en ont profité pour faire le tour de cette magnifique île tropicale avant d'embarquer sur le Marion Dufresne. Le volcanisme actif de La Réunion est dû à sa localisation au dessus d'un panache mantellique que notre expérimentation va tenter d'imager par tomographie sismique.

Le Piton de la Fournaise, le volcan actif situé au sud-est de l'île, est rentré en éruption à de nombreuses reprises dans un passé proche, notamment au cours de l'éruption qui a durée de Août 2006 jusqu'en Janvier 2007.

Une autre éruption spectaculaire, qui s'est déroulée en 1986, a permis d'augmenter la superficie de l'île de plud de 25 hectares. Ce nouveau terrain gagné sur la mer est appelé "Pointe de la Table" et se situe à environ 5 km au nord-est de Saint Philippe.

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Libérez le Marion Dufresne !

Written by Céline Davy, Karin Sigloch on vendredi, 28 septembre 2012. Posted in La vie à bord, Les campagnes en mer

27 septembre 2012

Action politique (Photo: Kasra Hosseini)

Nous sommes toujours au port, bloqués par la grève des dockers. Voici la situation actuelle, nous avons le port pour nous, tandis que les dockers en grève sont campés devant la porte principale, veillant à ce que personne ne vienne déranger notre bateau dans son congé sabbatique.

La science est dans tous les sujets (séminaires quotidiens, discussions au dîner, rêves...) mais toujours pas mise en pratique. Plutôt qu'attendre davantage d'actions politiques autour de nous, nous sommes passés nous même à l'action. Nos collègues de La Réunion ont passé plusieurs heures à la porte principale, pour chercher à comprendre les revendications des dockers et savoir si une solution pragmatique pouvait être trouvée pour nos quatre containers. Nous nous sommes aussi tournés vers le Préfet de l'île, étant donné que notre projet représente un investissement important de la part des contribuables, et s'avère également utile pour évaluer le risque volcanique.

La photo montre une de nos précédentes tentatives d'alerter l'extérieur sur la "Libération du Marion Dufresne" : Lancer un SOS au préfet en faisant tourner les serviettes. Nous avions appris que son hélicoptère était supposé survoler le port inoccupé tôt dans la matinée, donc nous voulions être vus. Nous avons choisi le parking devant le bateau, et des serviettes blanches pour être bien repérables, mais l'hélicoptère n'est jamais apparu.

Hier, nous avons pu établir un contact direct avec le préfet et ainsi obtenir une réponse utile, nous pensions le problème enfin résolu - jusqu'à ce que l'espoir s'évanouisse une nouvelle fois. Cinq jours après le jour programmé du départ, notre chef de mission peut seulement s'imaginer en rêve déployer les sismomètres au fond de l'océan...

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Hourra!

Written by Guilhem Barruol on vendredi, 28 septembre 2012. Posted in Les campagnes en mer

28 octobre 2012

Voila ce que l’on attendait : 48 sismomètres de fond de mer ! (Photo : Chris Scheingraber).

Après une semaine d'attente au port de la Réunion, nous voici enfin en mer dans un bateau qui tangue et qui roule. La manip RHUM-RUM peut effectivement commencer!

Les événements se sont succédés ces derniers jours, nous imposant des moments d'espoir et malheureusement des moments où les perspectives n'étaient pas des plus réjouissantes. Les derniers jours ont été occupés à solliciter des appuis auprès des autorités et à prendre et garder des contacts avec les grévistes et les responsables syndicaux, qui se sont avérés très ouverts et à l'écoute de nos explications et de nos soucis de ne pouvoir mener à bien notre expérience scientifique, mais qui souhaitaient aussi, et c'est compréhensible, que leur revendications soient prises en compte.

Hier jeudi, assemblées générales et négociations avec les patrons. La situation est tendue. Nous nous abstenons alors d'interférer avec les grévistes. Les nouvelles nous parviennent au bateau via le copain d'un collègue qui est journaliste et qui passe sa journée auprès des grévistes. A 23h hier soir, un SMS arrive: grève terminée. Ouf, quel soulagement, on sait alors que tout va pouvoir redémarrer normalement.

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Ce vendredi matin, comme nous l'avaient promis les dockers, nous sommes servis en priorité, les containers sont au bateau à 10h. A midi, tout est chargé sur le Marion et à 15h, on largue les amarres. L'équipe RHUM-RUM est sur le pont. Le ciel est lourd mais notre coeur léger. On longe la route du littoral, on passe devant Saint Denis et on file plein Est vers l'île Maurice et Rodrigues où sera déployé notre premier instrument. On a dû modifier notre plan de route pour laisser aux ingénieurs du temps pour préparer leurs instruments tranquillement.

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Les 6 jours de retard sur notre planning ne permettront bien sûr pas de faire tout ce que l'on avait prévu. Notre priorité est maintenant de pouvoir déployer les 57 stations sismologiques de fond de mer d'ici le 26 octobre. Le timing sera maintenant bien plus serré mais peut-être est-ce toujours réalisable. Après quelques jours de mer, on pourra le dire avec plus de certitudes qu'aujourdhui. Il est bien sûr clair que l'on aura beaucoup moins de temps pour effectuer des explorations bathymétriques dans des zones méconnues mais nous relativisons.

A bord, on s'organise maintenant pour cette nouvelle vie de travail dans laquelle chacun va avoir son rôle à jouer: organisation des quarts, préparation des routes, préparation des opérations avec l'équipage mais je vous raconterai tout cela dans un prochain post.

Premier sismomètre deployé au fond de l’océan Indien.

Written by Chris Scheingraber, Céline Davy on dimanche, 30 septembre 2012. Posted in Les campagnes en mer

29 septembre 2012

Premier sismomètre deployé au fond de l’océan (Photo : Chris Scheingraber).

Durant ce premier jour passé en mer, nous avons mis en place le labo, testé les mécanismes de libération à distance des sismomètres et réussit avec succès le dépôt du premier OBS au fond de la mer.

Totalement opérationnels

Written by Chris Scheingraber, Céline Davy, Maria Tsekhmistrenko on mercredi, 03 octobre 2012. Posted in Les campagnes en mer

30 septembre 2012

Notre collègue Olivier profite du passage à proximité de Rodrigues, son île natale, pour capter le réseau mobile et passer un appel téléphonique. (Rodrigues se situe à 500 km à l’est de l’île Maurice et abrite 33 000 habitants). (Photo : Karin Sigloch)

Un magnifique océan qui semble ne jamais s'arrêter nous entoure. La dernière île Rodrigues a été dépassée depuis quelques heures, le dernier déploiement a eu lieu ce matin. Depuis la mise à l'eau du premier sismomètre et le pot organisé par l'IPEV pour célébrer l'événement, nous sommes déjà plongés dans la routine quotidienne.
La majorité des scientifiques travaille à l'enregistrement et au contrôle de la bathymétrie, de la gravité et des données magnétiques, tandis qu'une plus petite partie s'affaire au déploiement des sismomètres. L'activité est en continue 24h sur 24. L'équipe de déploiement des OBS ne tient pas compte des heures de repas ou de repos, elle doit être prête à toute heure.
Même si on manque un peu de sommeil et qu'on trouve rarement le temps de s'asseoir et de discuter, on est beaucoup plus heureux dans ces conditions qu'on ne l'était pendant la grève.

Dans l'atelier, les sismomètres fond de mer sont prêts pour la mise à l'eau (Photo: Karin Sigloch)

Opérations quotidiennes à bord du Marion Dufresne

Written by Guilhem Barruol on mercredi, 03 octobre 2012. Posted in La vie à bord, Les campagnes en mer

3 octobre 2012

Nous sommes sur un navire de recherche en océanographie et en géophysique marine: Pour notre propre manip, nous mettons en oeuvre un gravimètre qui enregistre le champ de gravité (qui va nous donner des informations sur la densité des roches en profondeur), un magnétomètre que l'on remorque à 300 m derrière le bateau (qui enregistre les anomalies magnétiques- celles-là mêmes qui ont permis de mettre sur pieds la théorie de la tectonique des plaques),  et surtout sous le navire, un système appelé sondeur multi-faisceau, qui permet de cartographier les fond sous marins sur une bande d'une dizaine de km de large (pour une profondeur de 4000 m que l'on a ici) le long de la route du navire. Connaitre la bathymétrie, et la nature des fonds océaniques (roches, sédiments) est vraiment important pour nos instruments car nous préférons les larguer au dessus d'une zone plane et les savoir sur de la roche dure qu'à moitié enfouis dans des sédiments à moitié indurés qui ne voudront pas les relâcher dans un an...

C'est quelque part assez magique de découvrir au fur et à mesure de notre avancée la forme des fonds océaniques à plusieurs kilomètres de profondeur sous le navire, dans des zones non cartographiées (qui représentent presque 90% des fonds océaniques). Notre objectif prioritaire est toutefois le déploiement de notre réseau de stations sismologiques sous marines (OBS= Ocean Bottom Seismometers). Nous avons à cet instant déployé déjà 11 stations sur les 57 prévues et le MD file à bonne allure. Malgré le retard au départ lié à la grève des dockers à La Réunion, nous devrions pouvoir déployer nos instruments dans les semaines à venir.  Tout le monde est hyper motivé: équipe scientifique, équipage du MD, personnel IPEV, tout le monde est efficace pour parvenir à cet objectif. Il y a une très bonne dynamique et des gens très professionnels, c'est sincèrement un vrai plaisir de travailler dans ces conditions.

Une des tâches du chef de mission est de préparer avec les autres scientifiques la route du navire en fonction des endroits où nous souhaitons déposer nos instruments mais également en fonction des zones dont nous souhaitons cartographier les fonds dans les transits entre nos points de largages. Bien que tout cela ait été préparé à l'avance, il faut adapter la position des sites en fonction de la topographie des lieux, et les routes à suivre en fonction du temps imparti et de l'intérêt de faire des petits détours pour couvrir des zones non cartographiées. C'est le côté exploratoire de la géophysique marine qui est assez excitant.

Les opérations de largages commencent à bien se roder. Si la bathymétrie sur le site visé est déjà connue, on choisit un site à peu près plat qui puisse accueillir notre instrument pour une année. Si la bathymétrie détaillée n'est pas connue, il est alors nécessaire de faire un passage sur le point désiré, faire faire un demi tour au bateau si les caractéristiques sont OK (types de sédiments, zone à peu près horizontale de 1 km2 sous le site de largage). Si le site ne convient pas, viser une autre cible et recommencer l'opération. Pour le moment, les sites choisis se sont révélés OK, sauf en 3 spots où nous avons dû choisir des plans B (voire C, D et même E) pour trouver le site idéal de largage répondant à ces critères.

Lorsque nous sommes OK avec le site, on envoie les ordres à la passerelle pour diminuer la vitesse du navire à 2 noeuds (à pleine vitesse, on file entre 14 et 15 noeuds), l'OBS est alors hissé sur une grue, descendu au ras de l'eau puis largué sur le point précis que nous avions visé. Il est alors fondamental de bien relever les coordonnées du point de largage car c'est à cet endroit précis que l'on reviendra en octobre 2013... Après son largage, il faudra environ 2h à l'OBS pour atteindre le plancher océanique et commencer ses enregistrements. Nous n'attendons toutefois pas qu'il soit au fond, nous repartons immédiatement après le largage vers la cible suivante. Il faut tout de même imaginer qu'on largue un instrument qui va descendre de façon passive à plus de 4 km de profondeur, et dont la descente sera donc affecté par les courants marins, et que cette opération se déroule parfois au dessus de reliefs assez tourmentés, d'où l'intérêt de viser une zone à peu près plate de 1 à 2 km2 pour qu'il se pose convenablement même s'il a dérivé de quelques centaines de mètres durant sa descente, et qu'il puisse être dans une bonne position pour pouvoir être récupéré dans un an. Pour reprendre l'image de ma collègue Mathilde Cannat à l'IPG Paris qui a une grande expérience dans ce genre de manip (mais qui n'est pas à bord), il faut imaginer que l'on se trouve (sur les dorsales océaniques par exemple) à 4 km au dessus de la vallée de Chamonix, et l'on souhaite déposer un instrument dans une des grandes prairies du fond de la vallée... heureusement, il y a aussi des vastes plaines où la situation est plus simple.

Il nous faudra dans un an revenir au dessus de chaque site, dialoguer avec l'OBS pour lui donner l'ordre de remonter. Le succès de la manip réside évidemment dans la réussite de cette opération. Envoyer des instruments au fond, c'est (relativement) facile. Les faire remonter à la surface est plus compliqué. Comment cela fonctionne-t-il? Assez simplement: La station sismo est fixée à un lest par l'intermédiaire d'un instrument quelque peu stratégique, le "releaser" en anglais (ou largueur en français.  C'est lui qui permet de dialoguer avec la surface (par des bips ultrasonores, style flipper le dauphin) et de déclencher le détachement du lest et donc la remontée passive de la station sismologique vers la surface, par simple effet de flottaison. La vitesse de remontée est de l'ordre de 1m/s, ce qui implique une attente de plus d'une heure pour sa remontée. J'imagine que la situation sera alors quelque peu stressante. Arrivée à la surface, l'OBS pourra être localisé par trois moyens complémentaires: un drapeau qui va flotter au vent au dessus de l'OBS (sic!), une lampe clignotante qui se déclenchera lors du passage de la profondeur -20 m, et un émetteur radio qui permettra sa localisation depuis le bateau avec un récepteur idoine. Et bien sûr, tous les yeux disponibles à bord seront sollicités pour scruter la surface de la mer! Par sécurité, on dialoguera avec l'OBS durant sa remontée pour suivre une possible dérive induite par les courants marins.

Pour l'instant, l'heure n'est toutefois pas à la récupération mais au déploiement des stations. Tout cela se fait dans une  très bonne ambiance. Chacun a trouvé sa place dans les quarts et joue bien son rôle. Chacun a également un peu de temps pour travailler et interagir avec les collègues. La vie est évidemment réglée par les repas à 12h et 19h, par les largages d'OBS, et par un séminaire scientifique tous les jours à 17h.

Pour le moment, on a décidé de maintenir notre retour pour la journée du 9 octobre au Port à la Réunion, point pivot entre les 2 boucles de la manip, même si la totalité des instruments prévus n'auront pas pu être déposés durant la première boucle. Les OBS restants devraient l'être lors de la seconde boucle. La population à bord va changer lors de cette escale: 11 scientifiques vont descendre à l'escale, 6 autres vont remonter, une bonne partie de l'équipage va changer, et on va charger du matériel pour nos déploiements (9 OBS du parc français du CNRS). la 2eme boucle est prévue pour durer jusqu'au 25 octobre.

Seismic Rock

Written by Jean-Paul Montagner on vendredi, 05 octobre 2012. Posted in La vie à bord, Les campagnes en mer

Poème sismique

Seismic Rock

De la musique sismique,
Nous sommes des fanatiques,
Malgré tous les dockers,
Nous sommes ses rockers,

Les ondes sont nos rockstars,
Jamais ne sont en r'tard,
Et chantons tous en coeur,
Nous sommes ses rockers.

Faisons valser les ondes,
Elles traversent le monde,
Elles n'aiment pas les frontières,
Elles traversent les mers,

Avec les Obéesses,
Nous avons nos déesses,
Et plus rien ne nous freine,
Sur le Marion Dufresne,

Les ondes sont les rockstars,
jamais ne sont en r'tard,
Et chantons tous en coeur,
Nous sommes ses rockers.

La croisière s'amuse (et travaille aussi).

Written by Jean-Paul Montagner on samedi, 06 octobre 2012. Posted in Les campagnes en mer

6 octobre 2012

La croisière s'amuse (et travaille aussi).

L'ambiguité des mots: En anglais on parle de "oceanographic cruise", mais pour faire plus sérieux (ou plus hypocrite), les français ont préféré traduire par "campagne océanographique".

Une campagne océanographique. J'en rêvais depuis des années pour ne pas dire des décennies, Guilhem et Karin m'ont permis de la faire. C'est une expérience anthropologique unique, une parenthèse enchantée. Une micro-société se constitue dans un espace confiné, le Marion Dufresne, au milieu d'un monde océanique infini qui n'a pour limite que la ligne d'horizon. Nous sommes coupés du monde pendant quelques semaines, avec quelques contraintes, les quarts journaliers, mais aussi beaucoup de liberté. Malgré un début mouvementé avec nos amis les dockers, tout s'est déroulé parfaitement, même la mer dans sa clémence nous a épargnés de ses maux éprouvants. La joie et la bonne humeur ont régné sans partage, non seulement entre scientifiques mais aussi avec le personnel de l'IPEV et les marins de tous bords (babord et tribord).

Ce qui nous réunit, ce sont nos objectifs scientifiques communs, mettre le plus d'OBS au fond de l'océan dans les meilleures conditions possibles et faire des relevés bathymétriques, gravimétriques et magnétiques les plus précis possibles. A plus long terme, on aimerait bien comprendre l'origine en profondeur du Piton de la Fournaise. J'ai aussi découvert pendant cette campagne, le langage Python qui n'a évidemment rien à voir avec le volcan, sauf la ressemblance phonétique. La vie quotidienne est aussi pleine de richesses, avec les pots (conviviaux), les repas partagés (excellents mais souvent trop copieux pour ma ligne), les séminaires (passionnants) et les discussions souvent animées dans le PC scientifique. Il y aussi l'énigme du jour qui tient tout le monde en haleine!

J'ai découvert à quel point la bathymétrie des océans était fascinante. Quelle joie enfantine, de voir apparaître sur l'écran un mont sous-marin parfaitement circulaire! Les courbes de niveau et la palette de couleur le font jaillir de l'écran, parfait dans sa forme, éclatant de jaune et de rouge, au milieu des plaines abyssales, d'un bleu profond, comme une nouvelle étoile des mers. Je vais arrêter de m'enflammer, parfois conduit à des excès verbaux fâcheux. Il y a ces plaisirs ineffables à regarder la mer sur le pont, grisé par le vent, le Marion Dufresne traçant son chemin en distribuant généreusement des gerbes d'écume à tribord et à babord, sans préférence partisane. Mais, il est temps que je finisse. Le devoir m'appelle.

Le seul problème maintenant est que nous sommes partis en été de Paris et nous y revenons à l'automne avec ses pluies, sa grisaille, ses jours courts et la mauvaise humeur parisienne.
La réadaptation à la vraie vie va être difficile!

Notre position actuelle est donnée par le triangle noir.

“It’s déjà vu all over again“

Written by Céline Davy, Karin Sigloch on samedi, 06 octobre 2012. Posted in Les campagnes en mer

6 octobre 2012

“It’s KUMing home” – Est-ce eux qui ont dit aux dockers que le Marion Dufresne rentrait au port ?

"It's kuming home" - Est-ce eux qui ont dit ou dockers que le Marion Dufresne rentrait au port?


A mi-parcours de l'expérimentation, nous devions faire une courte halte à La Réunion le 9 Octobre afin de faire embarquer d'autres scientifiques et du matériel. Mais devinez quoi, les dockers ont annoncé hier un nouveau préavis de grève pour ce jour là et ce n'est pas une blague. Cette fois, il s'agit d'une grève à échelle nationale qui ne concerne pas seulement les dockers.

L'esprit humain cherche à rationaliser les choses. Ce sont les seules grèves au Port depuis plus de 10 ans, et elles tombent juste les jours où nous avons besoin des dockers ? On a dû leur manquer beaucoup, à nos nouveaux amis les dockers, pour qu'ils nous fixent ainsi un second rendez-vous à la porte du port, cela ne fait aucun doute. Quelqu'un leur a t-il parlé depuis qu'on les a quitté ? Qui leur a divulgué la date de notre escale, et comment éviter les prochaines fuites étant donné qu'il nous faudra regagner le port encore une fois à la fin de la campagne ?

Mais ils ont commis un impair, en nous laissant cette fois plus de 24h pour nous en informer. La journée d'hier s'est donc passée dans l'affolement entre coups de téléphone et délibérations, pour pouvoir à l'arraché : avancer notre arrivée au port d'une journée ainsi que celle de nos collègues Européens du Leg 2, organiser un arrangement pour ceux qui partent, et tracer une nouvelle route de déploiement qui minimise toute perte de temps. Notre plan de contre action a bien avancé : Rendez-vous au Port le 8 – avec toute l'équipe au grand complet!

La baleine et le papillon (digression sur des ronds dans l'eau)

Written by Jérôme Dyment on lundi, 08 octobre 2012. Posted in Les campagnes en mer

7 octobre 2012

Avec Rhum-Rum, on ne fait pas des ronds dans l’eau… mais des zolis dessins!

De nous, géophysiciens marins, qui sillonnons les océans à la recherche d'indices nous permettant de comprendre comment se forment, vieillissent, puis disparaissent les fonds océaniques, on dit souvent que nous faisons des ronds dans l'eau. C'est très injuste! Un rapide coup d'œil à la carte des routes de la campagne Rhum-Rum - réalisées durant la première partie, à réaliser durant la seconde - montre clairement que, si nous couvrons certes de la distance, ce n'est certainement pas en effectuant des cercles mais des figures bien plus complexes - qui attendent patiemment qu'un Sigmund Freud improbable veuille bien en déchiffrer le sens profond, la signification psychanalytique. Cet aspect des choses m'est apparu lorsque, juste après mon Doctorat - autant dire au Moyen Age - j'embarquais sur le premier Marion Dufresne pour la campagne MD67. Peut-être marqués par notre bref passage à Kerguelen lors de l'approche de la zone d'étude, notre trajet a dessiné un gigantesque manchot se superposant aux structures du plateau de Kerguelen et du bassin d'Enderby. Des années plus tard, alors que je menais la campagne Magofond 3 sur le Suroît au sud-est des Canaries, j'ai remarqué rapidement que nos routes traçaient un grand M puis un A plus petit - nous ne sommes pas arrivés à la fin du mot, mais nous réalisions alors des profils magnétiques de fond à travers la zone calme du Crétacé pour tenter d'élucider l'une des grandes énigmes du magnétisme terrestre. Et aujourd'hui, alors que nous finissions le Leg 1 de Rhum-Rum, les deux grandes boucles que nous avons effectuées vers l'Est - frôlant Rodrigues, et Maurice à deux reprises - et vers l'Ouest - dans une approche plus timide vers la Grande Ile de Madagascar - évoquent pour moi les ailes (tronquées - nous avons perdu 6 jours) d'un papillon géant (Figure 1), dont le corps serait constitué du cercle rapproché de sismomètres de fond de mer que nous avons déposés autour de La Réunion. Doit-on imaginer la chenille, remontant des profondeurs du manteau terrestre vers la surface à la faveur des courants ascendants du supposé panache, se transformant en chrysalide à la chaleur de la Fournaise avant de s'échapper, enfin papillon, à la faveur de notre campagne, comme une allégorie de la Vérité sortant enfin du puits - je n'ose dire en quelle tenue?

Tout reste à faire pour le Leg 2, et je ne serai malheureusement plus là pour y contribuer autrement que par quelques cartes - encore - laissées aux mains expertes des chefs de mission. Je vois cependant dans les trajets prévus l'amorce de la forme d'une baleine (Figure 1), son "bec" sur le point triple de Rodrigues - ce lieu particulier de l'océan Indien où convergent trois dorsales océaniques. Le front de la baleine suit la dorsale centrale indienne, sa bouche se situerait dans cette petite région de la dorsale ouest indienne où huit sismomètres seront largués à grande proximité les uns des autres - peut-être pour détecter une éventuelle rage de fanon... C'est paradoxalement là où aucune dorsale active n'est présente, dans les bassins de Madagascar et la partie sud du bassin des Mascareignes, que j'imagine les nageoires dorsales de ce cétacé - comme s'il souhaitait nous indiquer d'autres dorsales, fossiles celles-ci, que nous n'aurions encore qu'à peine détectées...

Voici donc pourquoi cet essai s'intitule la baleine et le papillon. Avis aux analystes et autres psychiatres, amateurs ou pas - les géosciences sont un terrain fertile en délires en tous genres !

Coucher de soleil sur l’Océan Indien

Written by Márcia Maia on jeudi, 11 octobre 2012. Posted in Les campagnes en mer

8 octobre 2012

Coucher de soleil (Photo : Jerome Dyment)

Ce soir le coucher de soleil était assez beau. Les nuages à l'horizon nous ont empêché de voir le célèbre rayon vert, mais ont produit des effets de lumière élégants. Et tant mieux, car c'était le dernier de ce premier Leg et donc mon dernier aussi, puisque je fais partie de ceux qui débarquent demain à la Réunion. Cet après midi, avant mon quart, j'ai donc profité du beau temps et du soleil, en regardant la mer à l'extérieur du PC scientifique. Elle était très belle, de ce bleu profond qu'on ne trouve qu'au large. La houle, coupée par le navire et animée par le vent, formait des gros moutons avec des arcs-en-ciel en miniature. De quoi rester un moment à rêvasser et à se dire que c'est merveilleux d'être là. Merveilleux, non seulement à cause des horizons infinis, mais aussi et surtout, pour nous scientifiques passionnés et désireux de comprendre cette Terre, à cause des secrets qui nous cachent les océans.

Sous les mers se trouve la croûte océanique, différente de la croûte qui forme les grands blocs continentaux parce que elle se renouvelle en permanence. Elle est créée à l'axe des dorsales médio-océaniques, le plus grand système volcanique de la planète et détruite (nous disons plutôt recyclée) dans les zones de subduction. Pour comprendre les processus responsables de la formation d'une bonne partie de notre Terre, il faut donc aller chercher l'information sous les eaux. C'est ce que nous avons fait et ferons lors de ces deux Legs et aussi lors de nos différentes campagnes qui nous amènent dans d'autres mers du globe. Et c'est aussi parce que la Terre est couverte en grande partie par les océans que, pour avoir des images de son intérieur, nous devons aller installer des instruments sous l'eau. Comme nous le faisons dans ce beau projet de collaboration européenne auquel nous participons.

Comprendre la Terre, vraiment la connaître, est encore un défi. Nous connaissons mieux la surface de Mars que celle de notre propre planète. Or, acquérir cette connaissance requiert d'aller sur les mers (et souvent sous les mers) avec des navires et équipements sophistiqués, un investissement d'argent et de temps considérable. Mas payant à long terme. Car appréhender l'histoire de notre planète est la clé pour comprendre son avenir. Et ça, à toutes les échelles de temps et à toutes les échelles d'espace, même (et certains diraient, surtout) dans celles qui dépassent de beaucoup la dimension de la vie et de l'espèce humaine. Et ce dans tous les domaines de la science.

Pour nous tous, participer à une campagne océanographique est un effort considérable. Cela veut dire être absent pour une longue période (parfois plus d'un mois) et donc, des contraintes familiales et professionnelles qu'il faut pouvoir assumer. Mais comme c'est avant tout une passion, celle de connaître une partie de l'histoire de la Terre et des processus qui la façonnent, nous le faisons avec joie. Et c'est aussi un rêve d'enfant devenu réalité. Qui n'a pas rêvé des horizons lointains et des terres des mers du sud avec des grands récits de voyage, de La Pérouse à Cook, de Darwin ou de Jules Verne ? Pouvoir réaliser ses rêves et vivre sa passion vaut tous ces efforts.

Ce soir, nous sommes sortis regarder les étoiles, sous la suggestion de notre collègue Jason. Un beau ciel, où se dessinait la voie lactée se présentait à nos yeux. La Croix du Sud se cachait derrière un voile de nuages. Dommage, on aurait aimé la voir une dernière fois avant de quitter le Marion. Une prochaine fois, dans les mers du Sud, qui sait, à bord du Marion?

Dernier OBS largué et célébré

Written by Guilhem Barruol, Karin Sigloch on dimanche, 28 octobre 2012. Posted in Les campagnes en mer

23 octobre 2012

“It’s KUMing home” – Est-ce eux qui ont dit aux dockers que le Marion Dufresne rentrait au port ?

ça y est! Nous avons déployé notre 57ème et dernière station sismologique de fond de mer.  Une cérémonie a été improvisée et célébrée sur le pont arrière. 

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Christine Läderach and Henning Kirk ont enfilé leur tenue de gala pour vérifier et déployer le dernier OBS et pour la cérémonie. (Photo: Maria Tsekhmistrenko)

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Devant un large auditoire venu des quatres coins du navire, Guilhem Barruol, le responsable de la campagne, a tenu a remercier l'équipage pour sa disponibilité, son professionalisme, son efficacité  et sa gentillesse dans les opérations de largage des OBS. Les trois boscos Arthur, Jérôme et Gilles ainsi que  leurs équipes respectives furent ainsi médaillés et ont même reçu leur diplôme de largueur d'OBS!   (Photo: Wayne Crawford)

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Le dernier OBS a été déployé immédiatement après la cérémonie et la photo de groupe par Arthur et son équipe. Espérons que cet instrument et ses 56 copains sont correctement installés sur le fond marin et qu'ils enregistrent tous les signaux sismiques nécessaires au projet RHUM-RUM.  Pour l'occasion, quelques bouteilles de champagnes furent même ouvertes. 

 (Photo: Karin Sigloch)

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Photo de groupe de la mission RHUM-RUM MD 192, Leg 2, avant le largage du 57ème et dernier OBS. Mission accomplie pour cette première phase du projet.

(Photo: Wayne Crawford)

 

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