Un Leg1 bien rempli

Written by Guilhem Barruol on samedi, 09 novembre 2013. Posted in Les campagnes en mer

Le 7 nov a été récupéré le dernier OBS de la première partie de la campagne RHUM-RUM 2013. C'était le point RR06, situé à mi-chemin entre la Réunion et l'île Maurice. De cet endroit, nous étions en vue des deux îles, qui sont vraiment voisinnes.

La dernière remontée s'est opérée sans encombre, et pour le moment, 100% de stations sont récupérées, ce qui est une très bonne chose, mais par contre quelques petits soucis de fonctionnement sur quelques stations qui font que l'on n'aura pas 100% des enregistrements espérés mais peut être uniquement 80% (estimation), ce qui est déjà très bien pour une telle expérience et pour des instruments qui fonctionnent dans un environnement assez hostile, entre 3000 et 5000m de fond, à des températures proches de 0°C.

Depuis Jeudi midi, la campagne est 100% bathymétrique et magnétiques. Nous focalisons nos efforts sur les relevés de la topographie des fonds marins autour de l'île Maurice, données fondamentales en géophysique marine, comme la carte topographique peut l'être pour le géologue de terrain. En deux jours, nous avons fait pas mal de zig-zag autour de l'île, ce qui nous a permis de décrouvrir l'île sous toutes ses faces et d'admirer de superbes panoramas. 

Samedi matin, rendez vous devant Port Louis avec un bateau ravitailleur pour effectuer le plein du navire. Nous avons parcouru près de 7000 km durant ce leg1 et on en a à peu près autant à faire dans les 3 prochaines semaines, à la vitesse de 10 noeuds (20 km/h). travail de patience!

 

La séquence GoPro de récupération d'OBS DEPAS

Written by Guilhem Barruol on jeudi, 07 novembre 2013. Posted in Les campagnes en mer

La séquence GoPro de récupération d'OBS DEPAS

 

Les 5 et 6 novembre derniers, notre campagne s'est déroulée dans une mer d'huile extraordinaire, ce qui nous a permis de faire des prises de vue assez exceptionnelles des différentes phases de récupération de nos stations sismologiques de fond de mer. No comment, simplement merci à la GoPro et à l'équipage pour avoir bricolé une longue tige permettant de l'imerger depuis le deck du Meteor. 

Guilhem

 

RR04 1

RR04 2

 

RR04 3

RR04 4

 

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RR04 10

 

Baleines en vue!

Written by Yann Capdeville on mercredi, 06 novembre 2013. Posted in Les campagnes en mer

 

Aujourd'hui, le 5 Novembre, nous avons eu la chance de voir des dauphins et des baleines au coucher du soleil.

Beaucoup d'entre nous regardions un formidable coucher de soleil sur une mer exceptionnellement calme (un vrai miroir) quand une dizaine de dauphins a été aperçu. Peu après, quelque chose de plus gros, ressemblant à un tronc d'arbre flottant apparu. Une baleine! ou un cahalot, nous ne sommes pas très sûr. Peu après, ce sont cinq baleines ou cachalots qui ont été vus.
Après plus de deux semaines de mer sans vraiment voir de gros animaux marins, quelle bonne surprise. Malheureusement, cet événement entraîna un retard inacceptable de certains d'entre nous à notre séminaire journalier donné par Heiner ce jour là ;-)

Pour deux scientifiques du voyage, dont l’orateur du jour, c'est une très bonne année en terme d'observation de la vie aquatique (après une baignade avec des requins pèlerins il y a 6 mois).

Yann

whale at sunset

 

Meteor et Marion Dufresne, un rendez-vous improbable dans l'Océan Indien

Written by Guilhem Barruol on dimanche, 03 novembre 2013. Posted in Les campagnes en mer

 

Meteor et Marion Dufresne, un rendez-vous improbable dans l'Océan Indien

Le navire Marion Dufresne qui nous avait permis de déployer nos stations sismologiques de fond de mer en Oct-Nov 2012 devait partir mercredi dernier de La Réunion pour effectuer sa rotation des îles australes : Crozet, Kerguelen, Amsterdam et St Paul. Une avarie a repoussé son départ à samedi matin mais il a ensuite filé plein sud vers Crozet. Les chances de rencontre des deux navires activement impliqués dans l'expérience RHUM-RUM étaient minimes vu la taille de l'océan et vu notre fâcheuse habitude de progresser en zig-zaguant de station en station ces deux dernières semaines. 
Ce matin, à 5h, le Meteor arrive sur le point RR24, le plus au sud de notre première boucle. Au lever du soleil, nous découvrons le Marion Dufresne à l'horizon. Nos routes se rapprochent. Vers 6h30, nous sommes à environ 5 miles l'un de l'autre, la lumière est vaporeuse, pas de contact radio mais aucun doute que l'équipage du Marion nous a bien localisé. Rencontre vraiment inattendue dans la magie de la lumière du petit matin en plein océan. 
Coincidence ultime: le point RR24 sur lequel nous stationnons était le dernier OBS que nous avions largué le 22 octobre 2012 avec le Marion Dufresne et que nous avions soigneusement célébré. Ce matin a donc défié pas mal de probabilités. 

Bonne route au Marion Dufresne pour sa rotation vers le grand sud. 

Guilhem Barruol

 

 

RHUM-RUM 2013, retour sur site !

Written by Guilhem Barruol on vendredi, 25 octobre 2013. Posted in Les campagnes en mer

Nous voici à nouveau dans l'océan Indien à bord du très beau navire océanographique allemand METEOR pour 43 jours de campagne géophysique en haute mer.

24 scientifiques réunis à bord, 12000 km de route à effectuer pour relier les 57 les points auxquels nous avions déployé des stations sismologiques de fond de mer (OBS) voici un an de cela. Une année durant laquelle ces instruments déployés en Octobre 2012 avec le Marion Dufresne auront enregistré la sismicité locale, régionale et globale. Depuis deux jours que nous sommes partis de Port Louis sur l'île Maurice, voici déjà 3 OBS récupérés sans encombre. Bonne nouvelle, il y a de belles données à l'intérieur! Un rapide coup d'oeil aux enregistrements a en effet permis de voir que de beaux événements sismiques étaient bien enregistrés par nos appareils. Un gros soulagement évidemment pour les scientifiques après une attente d'une année sans nouvelle de nos stations. Chacune aura son importance dans l'imagerie du manteau sous le SW de l'océan Indien et sur l'imagerie profonde du point chaud de La Réunion.

Plus que 54 stations à récupérer, travail de longue haleine et de patience...

 

Fin de la campagne 2012, on se retrouve en 2013

Written by Guilhem Barruol, Karin Sigloch on dimanche, 28 octobre 2012. Posted in Les campagnes en mer

26 octobre 2012

Le Marion Dufresne est rentré au Port de La Réunion le Vendredi 26 octobre autour de 9h du matin. C'est la fin de la campagne. Durant plus de 4 semaines, nous avons déployé 57 stations sismologiques de fond de mer. Tout au long des 15 000 km de trajet, nous avons également effectué des relevés continus de la bathymétrie, du champ de gravité et du champ magnétique terrestre. 

En Octobre 2013, nous reviendrons sr place avec le navire de recherche allemand "METEOR" pour récupérer les OBS et leur précieuses données. 

 Notre médecin à bord, le docteur Pierre HENRY a profité de ses journées à bord pour croquer le quotidien des scientifiques et de l'équipage du Marion Dufresne. Crayons et aquarelles ont donc permis de ramener de nombreux souvenirs personnalisés de cette campagne.  

Dernier OBS largué et célébré

Written by Guilhem Barruol, Karin Sigloch on dimanche, 28 octobre 2012. Posted in Les campagnes en mer

23 octobre 2012

“It’s KUMing home” – Est-ce eux qui ont dit aux dockers que le Marion Dufresne rentrait au port ?

ça y est! Nous avons déployé notre 57ème et dernière station sismologique de fond de mer.  Une cérémonie a été improvisée et célébrée sur le pont arrière. 

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Christine Läderach and Henning Kirk ont enfilé leur tenue de gala pour vérifier et déployer le dernier OBS et pour la cérémonie. (Photo: Maria Tsekhmistrenko)

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Devant un large auditoire venu des quatres coins du navire, Guilhem Barruol, le responsable de la campagne, a tenu a remercier l'équipage pour sa disponibilité, son professionalisme, son efficacité  et sa gentillesse dans les opérations de largage des OBS. Les trois boscos Arthur, Jérôme et Gilles ainsi que  leurs équipes respectives furent ainsi médaillés et ont même reçu leur diplôme de largueur d'OBS!   (Photo: Wayne Crawford)

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Le dernier OBS a été déployé immédiatement après la cérémonie et la photo de groupe par Arthur et son équipe. Espérons que cet instrument et ses 56 copains sont correctement installés sur le fond marin et qu'ils enregistrent tous les signaux sismiques nécessaires au projet RHUM-RUM.  Pour l'occasion, quelques bouteilles de champagnes furent même ouvertes. 

 (Photo: Karin Sigloch)

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Photo de groupe de la mission RHUM-RUM MD 192, Leg 2, avant le largage du 57ème et dernier OBS. Mission accomplie pour cette première phase du projet.

(Photo: Wayne Crawford)

 

Coucher de soleil sur l’Océan Indien

Written by Márcia Maia on jeudi, 11 octobre 2012. Posted in Les campagnes en mer

8 octobre 2012

Coucher de soleil (Photo : Jerome Dyment)

Ce soir le coucher de soleil était assez beau. Les nuages à l'horizon nous ont empêché de voir le célèbre rayon vert, mais ont produit des effets de lumière élégants. Et tant mieux, car c'était le dernier de ce premier Leg et donc mon dernier aussi, puisque je fais partie de ceux qui débarquent demain à la Réunion. Cet après midi, avant mon quart, j'ai donc profité du beau temps et du soleil, en regardant la mer à l'extérieur du PC scientifique. Elle était très belle, de ce bleu profond qu'on ne trouve qu'au large. La houle, coupée par le navire et animée par le vent, formait des gros moutons avec des arcs-en-ciel en miniature. De quoi rester un moment à rêvasser et à se dire que c'est merveilleux d'être là. Merveilleux, non seulement à cause des horizons infinis, mais aussi et surtout, pour nous scientifiques passionnés et désireux de comprendre cette Terre, à cause des secrets qui nous cachent les océans.

Sous les mers se trouve la croûte océanique, différente de la croûte qui forme les grands blocs continentaux parce que elle se renouvelle en permanence. Elle est créée à l'axe des dorsales médio-océaniques, le plus grand système volcanique de la planète et détruite (nous disons plutôt recyclée) dans les zones de subduction. Pour comprendre les processus responsables de la formation d'une bonne partie de notre Terre, il faut donc aller chercher l'information sous les eaux. C'est ce que nous avons fait et ferons lors de ces deux Legs et aussi lors de nos différentes campagnes qui nous amènent dans d'autres mers du globe. Et c'est aussi parce que la Terre est couverte en grande partie par les océans que, pour avoir des images de son intérieur, nous devons aller installer des instruments sous l'eau. Comme nous le faisons dans ce beau projet de collaboration européenne auquel nous participons.

Comprendre la Terre, vraiment la connaître, est encore un défi. Nous connaissons mieux la surface de Mars que celle de notre propre planète. Or, acquérir cette connaissance requiert d'aller sur les mers (et souvent sous les mers) avec des navires et équipements sophistiqués, un investissement d'argent et de temps considérable. Mas payant à long terme. Car appréhender l'histoire de notre planète est la clé pour comprendre son avenir. Et ça, à toutes les échelles de temps et à toutes les échelles d'espace, même (et certains diraient, surtout) dans celles qui dépassent de beaucoup la dimension de la vie et de l'espèce humaine. Et ce dans tous les domaines de la science.

Pour nous tous, participer à une campagne océanographique est un effort considérable. Cela veut dire être absent pour une longue période (parfois plus d'un mois) et donc, des contraintes familiales et professionnelles qu'il faut pouvoir assumer. Mais comme c'est avant tout une passion, celle de connaître une partie de l'histoire de la Terre et des processus qui la façonnent, nous le faisons avec joie. Et c'est aussi un rêve d'enfant devenu réalité. Qui n'a pas rêvé des horizons lointains et des terres des mers du sud avec des grands récits de voyage, de La Pérouse à Cook, de Darwin ou de Jules Verne ? Pouvoir réaliser ses rêves et vivre sa passion vaut tous ces efforts.

Ce soir, nous sommes sortis regarder les étoiles, sous la suggestion de notre collègue Jason. Un beau ciel, où se dessinait la voie lactée se présentait à nos yeux. La Croix du Sud se cachait derrière un voile de nuages. Dommage, on aurait aimé la voir une dernière fois avant de quitter le Marion. Une prochaine fois, dans les mers du Sud, qui sait, à bord du Marion?

La baleine et le papillon (digression sur des ronds dans l'eau)

Written by Jérôme Dyment on lundi, 08 octobre 2012. Posted in Les campagnes en mer

7 octobre 2012

Avec Rhum-Rum, on ne fait pas des ronds dans l’eau… mais des zolis dessins!

De nous, géophysiciens marins, qui sillonnons les océans à la recherche d'indices nous permettant de comprendre comment se forment, vieillissent, puis disparaissent les fonds océaniques, on dit souvent que nous faisons des ronds dans l'eau. C'est très injuste! Un rapide coup d'œil à la carte des routes de la campagne Rhum-Rum - réalisées durant la première partie, à réaliser durant la seconde - montre clairement que, si nous couvrons certes de la distance, ce n'est certainement pas en effectuant des cercles mais des figures bien plus complexes - qui attendent patiemment qu'un Sigmund Freud improbable veuille bien en déchiffrer le sens profond, la signification psychanalytique. Cet aspect des choses m'est apparu lorsque, juste après mon Doctorat - autant dire au Moyen Age - j'embarquais sur le premier Marion Dufresne pour la campagne MD67. Peut-être marqués par notre bref passage à Kerguelen lors de l'approche de la zone d'étude, notre trajet a dessiné un gigantesque manchot se superposant aux structures du plateau de Kerguelen et du bassin d'Enderby. Des années plus tard, alors que je menais la campagne Magofond 3 sur le Suroît au sud-est des Canaries, j'ai remarqué rapidement que nos routes traçaient un grand M puis un A plus petit - nous ne sommes pas arrivés à la fin du mot, mais nous réalisions alors des profils magnétiques de fond à travers la zone calme du Crétacé pour tenter d'élucider l'une des grandes énigmes du magnétisme terrestre. Et aujourd'hui, alors que nous finissions le Leg 1 de Rhum-Rum, les deux grandes boucles que nous avons effectuées vers l'Est - frôlant Rodrigues, et Maurice à deux reprises - et vers l'Ouest - dans une approche plus timide vers la Grande Ile de Madagascar - évoquent pour moi les ailes (tronquées - nous avons perdu 6 jours) d'un papillon géant (Figure 1), dont le corps serait constitué du cercle rapproché de sismomètres de fond de mer que nous avons déposés autour de La Réunion. Doit-on imaginer la chenille, remontant des profondeurs du manteau terrestre vers la surface à la faveur des courants ascendants du supposé panache, se transformant en chrysalide à la chaleur de la Fournaise avant de s'échapper, enfin papillon, à la faveur de notre campagne, comme une allégorie de la Vérité sortant enfin du puits - je n'ose dire en quelle tenue?

Tout reste à faire pour le Leg 2, et je ne serai malheureusement plus là pour y contribuer autrement que par quelques cartes - encore - laissées aux mains expertes des chefs de mission. Je vois cependant dans les trajets prévus l'amorce de la forme d'une baleine (Figure 1), son "bec" sur le point triple de Rodrigues - ce lieu particulier de l'océan Indien où convergent trois dorsales océaniques. Le front de la baleine suit la dorsale centrale indienne, sa bouche se situerait dans cette petite région de la dorsale ouest indienne où huit sismomètres seront largués à grande proximité les uns des autres - peut-être pour détecter une éventuelle rage de fanon... C'est paradoxalement là où aucune dorsale active n'est présente, dans les bassins de Madagascar et la partie sud du bassin des Mascareignes, que j'imagine les nageoires dorsales de ce cétacé - comme s'il souhaitait nous indiquer d'autres dorsales, fossiles celles-ci, que nous n'aurions encore qu'à peine détectées...

Voici donc pourquoi cet essai s'intitule la baleine et le papillon. Avis aux analystes et autres psychiatres, amateurs ou pas - les géosciences sont un terrain fertile en délires en tous genres !

La croisière s'amuse (et travaille aussi).

Written by Jean-Paul Montagner on samedi, 06 octobre 2012. Posted in Les campagnes en mer

6 octobre 2012

La croisière s'amuse (et travaille aussi).

L'ambiguité des mots: En anglais on parle de "oceanographic cruise", mais pour faire plus sérieux (ou plus hypocrite), les français ont préféré traduire par "campagne océanographique".

Une campagne océanographique. J'en rêvais depuis des années pour ne pas dire des décennies, Guilhem et Karin m'ont permis de la faire. C'est une expérience anthropologique unique, une parenthèse enchantée. Une micro-société se constitue dans un espace confiné, le Marion Dufresne, au milieu d'un monde océanique infini qui n'a pour limite que la ligne d'horizon. Nous sommes coupés du monde pendant quelques semaines, avec quelques contraintes, les quarts journaliers, mais aussi beaucoup de liberté. Malgré un début mouvementé avec nos amis les dockers, tout s'est déroulé parfaitement, même la mer dans sa clémence nous a épargnés de ses maux éprouvants. La joie et la bonne humeur ont régné sans partage, non seulement entre scientifiques mais aussi avec le personnel de l'IPEV et les marins de tous bords (babord et tribord).

Ce qui nous réunit, ce sont nos objectifs scientifiques communs, mettre le plus d'OBS au fond de l'océan dans les meilleures conditions possibles et faire des relevés bathymétriques, gravimétriques et magnétiques les plus précis possibles. A plus long terme, on aimerait bien comprendre l'origine en profondeur du Piton de la Fournaise. J'ai aussi découvert pendant cette campagne, le langage Python qui n'a évidemment rien à voir avec le volcan, sauf la ressemblance phonétique. La vie quotidienne est aussi pleine de richesses, avec les pots (conviviaux), les repas partagés (excellents mais souvent trop copieux pour ma ligne), les séminaires (passionnants) et les discussions souvent animées dans le PC scientifique. Il y aussi l'énigme du jour qui tient tout le monde en haleine!

J'ai découvert à quel point la bathymétrie des océans était fascinante. Quelle joie enfantine, de voir apparaître sur l'écran un mont sous-marin parfaitement circulaire! Les courbes de niveau et la palette de couleur le font jaillir de l'écran, parfait dans sa forme, éclatant de jaune et de rouge, au milieu des plaines abyssales, d'un bleu profond, comme une nouvelle étoile des mers. Je vais arrêter de m'enflammer, parfois conduit à des excès verbaux fâcheux. Il y a ces plaisirs ineffables à regarder la mer sur le pont, grisé par le vent, le Marion Dufresne traçant son chemin en distribuant généreusement des gerbes d'écume à tribord et à babord, sans préférence partisane. Mais, il est temps que je finisse. Le devoir m'appelle.

Le seul problème maintenant est que nous sommes partis en été de Paris et nous y revenons à l'automne avec ses pluies, sa grisaille, ses jours courts et la mauvaise humeur parisienne.
La réadaptation à la vraie vie va être difficile!

Notre position actuelle est donnée par le triangle noir.

“It’s déjà vu all over again“

Written by Céline Davy, Karin Sigloch on samedi, 06 octobre 2012. Posted in Les campagnes en mer

6 octobre 2012

“It’s KUMing home” – Est-ce eux qui ont dit aux dockers que le Marion Dufresne rentrait au port ?

"It's kuming home" - Est-ce eux qui ont dit ou dockers que le Marion Dufresne rentrait au port?


A mi-parcours de l'expérimentation, nous devions faire une courte halte à La Réunion le 9 Octobre afin de faire embarquer d'autres scientifiques et du matériel. Mais devinez quoi, les dockers ont annoncé hier un nouveau préavis de grève pour ce jour là et ce n'est pas une blague. Cette fois, il s'agit d'une grève à échelle nationale qui ne concerne pas seulement les dockers.

L'esprit humain cherche à rationaliser les choses. Ce sont les seules grèves au Port depuis plus de 10 ans, et elles tombent juste les jours où nous avons besoin des dockers ? On a dû leur manquer beaucoup, à nos nouveaux amis les dockers, pour qu'ils nous fixent ainsi un second rendez-vous à la porte du port, cela ne fait aucun doute. Quelqu'un leur a t-il parlé depuis qu'on les a quitté ? Qui leur a divulgué la date de notre escale, et comment éviter les prochaines fuites étant donné qu'il nous faudra regagner le port encore une fois à la fin de la campagne ?

Mais ils ont commis un impair, en nous laissant cette fois plus de 24h pour nous en informer. La journée d'hier s'est donc passée dans l'affolement entre coups de téléphone et délibérations, pour pouvoir à l'arraché : avancer notre arrivée au port d'une journée ainsi que celle de nos collègues Européens du Leg 2, organiser un arrangement pour ceux qui partent, et tracer une nouvelle route de déploiement qui minimise toute perte de temps. Notre plan de contre action a bien avancé : Rendez-vous au Port le 8 – avec toute l'équipe au grand complet!

Seismic Rock

Written by Jean-Paul Montagner on vendredi, 05 octobre 2012. Posted in La vie à bord, Les campagnes en mer

Poème sismique

Seismic Rock

De la musique sismique,
Nous sommes des fanatiques,
Malgré tous les dockers,
Nous sommes ses rockers,

Les ondes sont nos rockstars,
Jamais ne sont en r'tard,
Et chantons tous en coeur,
Nous sommes ses rockers.

Faisons valser les ondes,
Elles traversent le monde,
Elles n'aiment pas les frontières,
Elles traversent les mers,

Avec les Obéesses,
Nous avons nos déesses,
Et plus rien ne nous freine,
Sur le Marion Dufresne,

Les ondes sont les rockstars,
jamais ne sont en r'tard,
Et chantons tous en coeur,
Nous sommes ses rockers.

Opérations quotidiennes à bord du Marion Dufresne

Written by Guilhem Barruol on mercredi, 03 octobre 2012. Posted in La vie à bord, Les campagnes en mer

3 octobre 2012

Nous sommes sur un navire de recherche en océanographie et en géophysique marine: Pour notre propre manip, nous mettons en oeuvre un gravimètre qui enregistre le champ de gravité (qui va nous donner des informations sur la densité des roches en profondeur), un magnétomètre que l'on remorque à 300 m derrière le bateau (qui enregistre les anomalies magnétiques- celles-là mêmes qui ont permis de mettre sur pieds la théorie de la tectonique des plaques),  et surtout sous le navire, un système appelé sondeur multi-faisceau, qui permet de cartographier les fond sous marins sur une bande d'une dizaine de km de large (pour une profondeur de 4000 m que l'on a ici) le long de la route du navire. Connaitre la bathymétrie, et la nature des fonds océaniques (roches, sédiments) est vraiment important pour nos instruments car nous préférons les larguer au dessus d'une zone plane et les savoir sur de la roche dure qu'à moitié enfouis dans des sédiments à moitié indurés qui ne voudront pas les relâcher dans un an...

C'est quelque part assez magique de découvrir au fur et à mesure de notre avancée la forme des fonds océaniques à plusieurs kilomètres de profondeur sous le navire, dans des zones non cartographiées (qui représentent presque 90% des fonds océaniques). Notre objectif prioritaire est toutefois le déploiement de notre réseau de stations sismologiques sous marines (OBS= Ocean Bottom Seismometers). Nous avons à cet instant déployé déjà 11 stations sur les 57 prévues et le MD file à bonne allure. Malgré le retard au départ lié à la grève des dockers à La Réunion, nous devrions pouvoir déployer nos instruments dans les semaines à venir.  Tout le monde est hyper motivé: équipe scientifique, équipage du MD, personnel IPEV, tout le monde est efficace pour parvenir à cet objectif. Il y a une très bonne dynamique et des gens très professionnels, c'est sincèrement un vrai plaisir de travailler dans ces conditions.

Une des tâches du chef de mission est de préparer avec les autres scientifiques la route du navire en fonction des endroits où nous souhaitons déposer nos instruments mais également en fonction des zones dont nous souhaitons cartographier les fonds dans les transits entre nos points de largages. Bien que tout cela ait été préparé à l'avance, il faut adapter la position des sites en fonction de la topographie des lieux, et les routes à suivre en fonction du temps imparti et de l'intérêt de faire des petits détours pour couvrir des zones non cartographiées. C'est le côté exploratoire de la géophysique marine qui est assez excitant.

Les opérations de largages commencent à bien se roder. Si la bathymétrie sur le site visé est déjà connue, on choisit un site à peu près plat qui puisse accueillir notre instrument pour une année. Si la bathymétrie détaillée n'est pas connue, il est alors nécessaire de faire un passage sur le point désiré, faire faire un demi tour au bateau si les caractéristiques sont OK (types de sédiments, zone à peu près horizontale de 1 km2 sous le site de largage). Si le site ne convient pas, viser une autre cible et recommencer l'opération. Pour le moment, les sites choisis se sont révélés OK, sauf en 3 spots où nous avons dû choisir des plans B (voire C, D et même E) pour trouver le site idéal de largage répondant à ces critères.

Lorsque nous sommes OK avec le site, on envoie les ordres à la passerelle pour diminuer la vitesse du navire à 2 noeuds (à pleine vitesse, on file entre 14 et 15 noeuds), l'OBS est alors hissé sur une grue, descendu au ras de l'eau puis largué sur le point précis que nous avions visé. Il est alors fondamental de bien relever les coordonnées du point de largage car c'est à cet endroit précis que l'on reviendra en octobre 2013... Après son largage, il faudra environ 2h à l'OBS pour atteindre le plancher océanique et commencer ses enregistrements. Nous n'attendons toutefois pas qu'il soit au fond, nous repartons immédiatement après le largage vers la cible suivante. Il faut tout de même imaginer qu'on largue un instrument qui va descendre de façon passive à plus de 4 km de profondeur, et dont la descente sera donc affecté par les courants marins, et que cette opération se déroule parfois au dessus de reliefs assez tourmentés, d'où l'intérêt de viser une zone à peu près plate de 1 à 2 km2 pour qu'il se pose convenablement même s'il a dérivé de quelques centaines de mètres durant sa descente, et qu'il puisse être dans une bonne position pour pouvoir être récupéré dans un an. Pour reprendre l'image de ma collègue Mathilde Cannat à l'IPG Paris qui a une grande expérience dans ce genre de manip (mais qui n'est pas à bord), il faut imaginer que l'on se trouve (sur les dorsales océaniques par exemple) à 4 km au dessus de la vallée de Chamonix, et l'on souhaite déposer un instrument dans une des grandes prairies du fond de la vallée... heureusement, il y a aussi des vastes plaines où la situation est plus simple.

Il nous faudra dans un an revenir au dessus de chaque site, dialoguer avec l'OBS pour lui donner l'ordre de remonter. Le succès de la manip réside évidemment dans la réussite de cette opération. Envoyer des instruments au fond, c'est (relativement) facile. Les faire remonter à la surface est plus compliqué. Comment cela fonctionne-t-il? Assez simplement: La station sismo est fixée à un lest par l'intermédiaire d'un instrument quelque peu stratégique, le "releaser" en anglais (ou largueur en français.  C'est lui qui permet de dialoguer avec la surface (par des bips ultrasonores, style flipper le dauphin) et de déclencher le détachement du lest et donc la remontée passive de la station sismologique vers la surface, par simple effet de flottaison. La vitesse de remontée est de l'ordre de 1m/s, ce qui implique une attente de plus d'une heure pour sa remontée. J'imagine que la situation sera alors quelque peu stressante. Arrivée à la surface, l'OBS pourra être localisé par trois moyens complémentaires: un drapeau qui va flotter au vent au dessus de l'OBS (sic!), une lampe clignotante qui se déclenchera lors du passage de la profondeur -20 m, et un émetteur radio qui permettra sa localisation depuis le bateau avec un récepteur idoine. Et bien sûr, tous les yeux disponibles à bord seront sollicités pour scruter la surface de la mer! Par sécurité, on dialoguera avec l'OBS durant sa remontée pour suivre une possible dérive induite par les courants marins.

Pour l'instant, l'heure n'est toutefois pas à la récupération mais au déploiement des stations. Tout cela se fait dans une  très bonne ambiance. Chacun a trouvé sa place dans les quarts et joue bien son rôle. Chacun a également un peu de temps pour travailler et interagir avec les collègues. La vie est évidemment réglée par les repas à 12h et 19h, par les largages d'OBS, et par un séminaire scientifique tous les jours à 17h.

Pour le moment, on a décidé de maintenir notre retour pour la journée du 9 octobre au Port à la Réunion, point pivot entre les 2 boucles de la manip, même si la totalité des instruments prévus n'auront pas pu être déposés durant la première boucle. Les OBS restants devraient l'être lors de la seconde boucle. La population à bord va changer lors de cette escale: 11 scientifiques vont descendre à l'escale, 6 autres vont remonter, une bonne partie de l'équipage va changer, et on va charger du matériel pour nos déploiements (9 OBS du parc français du CNRS). la 2eme boucle est prévue pour durer jusqu'au 25 octobre.

Totalement opérationnels

Written by Chris Scheingraber, Céline Davy, Maria Tsekhmistrenko on mercredi, 03 octobre 2012. Posted in Les campagnes en mer

30 septembre 2012

Notre collègue Olivier profite du passage à proximité de Rodrigues, son île natale, pour capter le réseau mobile et passer un appel téléphonique. (Rodrigues se situe à 500 km à l’est de l’île Maurice et abrite 33 000 habitants). (Photo : Karin Sigloch)

Un magnifique océan qui semble ne jamais s'arrêter nous entoure. La dernière île Rodrigues a été dépassée depuis quelques heures, le dernier déploiement a eu lieu ce matin. Depuis la mise à l'eau du premier sismomètre et le pot organisé par l'IPEV pour célébrer l'événement, nous sommes déjà plongés dans la routine quotidienne.
La majorité des scientifiques travaille à l'enregistrement et au contrôle de la bathymétrie, de la gravité et des données magnétiques, tandis qu'une plus petite partie s'affaire au déploiement des sismomètres. L'activité est en continue 24h sur 24. L'équipe de déploiement des OBS ne tient pas compte des heures de repas ou de repos, elle doit être prête à toute heure.
Même si on manque un peu de sommeil et qu'on trouve rarement le temps de s'asseoir et de discuter, on est beaucoup plus heureux dans ces conditions qu'on ne l'était pendant la grève.

Dans l'atelier, les sismomètres fond de mer sont prêts pour la mise à l'eau (Photo: Karin Sigloch)

Premier sismomètre deployé au fond de l’océan Indien.

Written by Chris Scheingraber, Céline Davy on dimanche, 30 septembre 2012. Posted in Les campagnes en mer

29 septembre 2012

Premier sismomètre deployé au fond de l’océan (Photo : Chris Scheingraber).

Durant ce premier jour passé en mer, nous avons mis en place le labo, testé les mécanismes de libération à distance des sismomètres et réussit avec succès le dépôt du premier OBS au fond de la mer.

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